Mardi 10 octobre / J-4
Aloha ! Ce fut chaud boulette ce mardi matin… Nager avec mon coach, Luc Van Lierde, vainqueur de cet Ironman d'Hawaï en 1996 et 1999, c’est l’assurance d’avoir un peu (beaucoup ?) mal aux bras : 57 minutes avec deux ou trois STOP orientation. Haha ! Les STOP. Pas de policiers dans la flotte ! Bref, si je pouvais sortir cette natation le jour de l'épreuve, ce serait vraiment top. Ce Kailua Pier est rempli, pire qu’un concert du Grand Jojo au centre de Bruxelles ! Oh, c’est pour rire, hein, les Bruxellois ! Bon, après, je suis retournée sur Queen K à vélo, histoire de sentir le vent. Ça va… Ça ira peut-être moins bien après 180 km. Mais 40 km, les jambes répondent. On attend ce samedi pour confirmer ! Je profite de digérer mon plat de… pâtes pour écrire ces quelques lignes avant de retourner sur Alii drive, sentir comment mes baskets vont, si elles récupèrent du jet lag comme moi ! Sur ce, un épisode de Once upon a time m’attend.
Mercredi 11 octobre / J-3
Je vous confirme que ma paire de New Balance a récupéré du jet lag ! Un bon run ! En revanche, la nuit a été pourrie... Sans doute la pression monte-t-elle un peu ? Par à-coups et c’est pendant la nuit que ça me prend. Bref, ce mercredi matin, y avait du job : rouler à vélo et emmener le photographe de Triathlète Magazine pour quelques clichés ! J’ai hâte de découvrir... Bien que, les séances photos, ce n’est pas mon fort. Après, je suis retournée au Kailua Pier pour toucher l’eau sur un bon 1.500 m avec les tortues ! Hé, sérieux, ne me dites plus jamais qu’une tortue, c’est lent ! Ça trace quand ça nage, ces petites bêtes-là ! Jusque-là, tout se passait bien. Arrivèrent l’enregistrement (le gars qui parlait un anglais dont je ne comprenais pas un mot sur dix), puis le contrôle antidopage (une heure d’attente et encore un gars qui blaguait alors que personne n'avait envie de rire). Retour à l’appart, assiette de pâtes froides, puis mettre le vélo en état, massage…Ce jeudi, c’est le briefing PRO.
Jeudi 12 octobre / J-2
Là, la pression monte franchement ! J’ai encore roulé et couru, mais pas beaucoup... J’ai également pris quelques minutes pour lire avec attention tous les gentils commentaires et encouragements de mon sympathique Belgium Iron Fan et je suis énormément touchée. Ça me booste à fond ! C’était ma pensée positive du jour. Pour le reste, briefing PRO et, surtout, repos ! Je commence à être énervée par plein de petites bêtises. Y a la pâte qui prend ! Ce vendredi, ce sera encore pire, soyez, dès lors, de bonne humeur pour me lire... La Belgique me manque, surtout le chocolat.
L'avant-course

Les derniers préparatifs des participants
dans le parc de transitions.
Nous y voilà ! Après sept heures de sommeil, je me suis levée à 3h30. Un brin de toilette, puis je me suis habillée. Comme d'hab ! J'ai pris mon petit-déjeuner. Toujours bizarre à cette heure de la nuit, mais je m'y suis habituée. J'ai quitté mon appartement à 4h15 pour arriver au parc de transitions à 4h50, près de deux heures avant le départ.
La pression monte ! Pas que celle des pneus, dont j'ai vérifié, une dernière fois, qu'ils étaient bien gonflés. Je suis également passée par le fameux marquage sur les bras : le sigle IM pour Ironman et mon numéro, le 120. Après un dernier coup d’œil à mes affaires, casque, dossard, etc., j'ai trottiné un quart d'heure. Ensuite, je suis revenue vers la zone de départ où je me suis échauffée en compagnie de... Jan Frodeno, le double tenant du titre. Puis, je me suis rendue vers la baie où j'ai assisté au départ de l'épreuve masculin avec, notamment, Frederik Van Lierde et Bart Aernouts, les deux autres pros belges engagés lors de cette édition 2017.

Alex s'échauffe pour la natation avec... Jan Frodeno,
l'Allemand double tenant du titre à Hawaï.


Alex saute sur son vélo : en route pour 180 km !
180 km à vélo
À Hawaï, avec deux longues transitions, on a le temps de retrouver ses esprits, notamment après une heure dans l'eau. Mais on ne perd pas de temps ! J'ai enlevé le bonnet, les lunettes et le haut de ma combi en courant avant de terminer l'opération devant mon vélo. J'ai veillé à bien ranger toutes mes affaires... Puis, j'ai mis mon casque et mon dossard avant de repartir, toujours en courant vers la fameuse ligne blanche marquant le début de la course cycliste.
J'y ai enfourché mon vélo, à l'assaut des 180 km au menu de l'Ironman. Tout s'est relativement bien passé jusqu'au turning-point, à Hawi, soit au km 95. Là, j'ai commencé à me sentir mal et j'ai repensé à toute cette eau salée que j'avais ingurgitée, bien malgré moi. J'ai été prise de vomissements et, à partir de ce moment, j'ai été incapable de m'alimenter convenablement.
Tout juste pouvais-je encore boire... En plus, avec ce ciel sans le moindre nuage et ce vent presque nul, le soleil est vite devenu accablant. J'ai senti que je brûlais aux bras et aux jambes. J'avais pourtant mis de la crème solaire... Mais ce n'était encore rien à côté de la course à pied qui m'attendait pour terminer cet Ironman d'Hawaï !
Résultat : j'ai terminé le vélo en 29e position, après 5h18'31" Encore mieux qu'en 2016 ! Il est vrai que, pour ma première, je m'étais montrée très prudente, bouclant les 180 km en 5h22'24" Soit... Mais, pour les sensations, c'était le jour et la nuit avec ce que j'avais vécu...

Alexandra a commencé à souffrir à partir du 100e km.
L'après-course
Dès la ligne d'arrivée franchie, j'ai été prise en charge par le service médical de l'organisation. Un secouriste m'a placée sous perfusion. De l'eau et du glucose... Une fois l'opération terminée, j'ai regagné mon appartement, épuisée. Vous me croirez ou non, mais j'ai perdu six kilos dans l'aventure ! De 57, je suis descendue à 51, ce qui ne m'était jamais arrivé. J'ai donné le meilleur de moi-même, mais je me souviendrai longtemps de ma deuxième expérience sur l'Ironman d'Hawaï, que vous aurez appréciée avec moi, j'espère...